HAITI: LE GLAS DES REGIMES PREDATEURS

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TRiboLAND

Haiti, qu’on le veuille ou non, est à un tournant irréversible quoi qu’en pensent les pontes du système d’exploitation outrancière établie depuis le drame sanglant du Pont Larnage du 17 octobre 1806 qui voit mourir le père fondateur de l’Etat, lui qui concevait l’idée combien noble d’un partage équitable des richesses nationales entre les différentes couches de la société naissante. C’est débout comme un seul homme que, inspirée de la bataille contre la corruption de toutes les contrées de la terre, la population dans sa quasi-totalité reproche le gaspillage et la dilapidation des deniers publics et l’arrestation des auteurs et co-auteurs de ces actes malhonnêtes et criminels au préjudice de la nation jugée la plus pauvre de l’hémisphère occidental.

Les faiseurs de Roi s’arrangent toujours pour installer à la magistrature suprême l’un des leurs  afin de s’enrichir davantage au grand dam des plus vulnérables, ces misérable pauvres noirs dont les pères sont en Afrique, disait si bien Jacques 1er, pourtant qui ne demandent pas mieux qu’un logement décent, un emploi permettant de subvenir au besoin de leur  famille, la sécurité de  l’environnement, une saine et équitable distribution de la justice, des hôpitaux pour les soins de santé; de l’eau, de l’electricite, des écoles et universités pour assurer l’éducation et la formation des jeunes, des centres de loisirs.., bref le minimum vital et de bien-être offert  à un peuple dans tous les Etats modernes pour éviter trop de fossés, d’inégalités et de disparités entre les différentes classes sociales.

Ils ne sont pas nombreux, les chefs d’Etat de la République qui se sont succédé au pouvoir  à travailler à son progrès matériel et à son développement en lieu et place de l’enrichissement d’un groupe oligarque et de sa famille. D’Etat riche et prospère de jadis, Haïti traîne après lui les épithètes de pauvre, paria, endetté, assisté, mendiant et surtout prédateur…, un vrai boulet de galère malgré ses richesses et ressources encore inexploitées et son importante et imposante main d’oeuvre qu’il suffit de conscientiser, d’encadrer et d’offrir les mêmes avantages reçus ailleurs sans courir le risque des persécutions politiques, ou de voir leur vie quotidiennement menacée et mise en péril par des sbires du régime prédateur  antidémocratique et surtout antinational inspirant la crainte des concitoyens.

L’accession combien surprenante, contestable et contestée de M. Jovenel Moïse au pouvoir semble être après la victoire de son mentor et père spirituel M. Michel Marthelly un élément déclencheur du réveil de la population dans toutes ses composantes pour  le combat politique visant à substituer un régime démocratique et capitaliste à visage humain au régime autocratique et capitaliste sauvage qui déshumanise l’homme haïtien fier de son passé historique et réduit à passer sous les fourches caudines de l’ennemi étranger insulteur et revanchard. L’opposition de la faction parlementaire aidant, le scandale des fonds Petro-Caribe devient le talon d’Achille des prédateurs haïtiens qui ne savent plus à quel saint se vouer pour faire perpétuer leur régime injuste,inique, inhumain et anti national.

Singulier petit pays, dit le Dr Louis Joseph Janvier qui voit paradoxalement tout un peuple végéter dans la crasse et la misère, fuyant le pays alors que sont gaspillés et dilapidés les fonds de l’IRH ayant à sa tête le proconsul Bill Clinton, l’un des pires ennemis déclarés du pays à l’origine d’un embargo dévastateur ruinant la production agricole nationale, les fonds Petro-Caribe environ quatre milliards de dollars en dix ans, de 2008 à 2018, sans la réalisation de grands travaux de modernisation de l’Etat avec des Hopitaux de référence dans les grandes villes, un stade olympique et une université d’Etat dans chaque département, de grands axes routiers reliant les villes, les sections communales…etc. La mission confiée au président Jovenel Moïse consistait à protéger ses bienfaiteurs qui l’ont propulsé au pouvoir en empêchant de faire la lumière sur ces fonds dilapidés.

De maladresses en maladresses, l’héritier du pouvoir de M. Michel Marthelly, qui tente par tous les moyens de mettre son projet à exécution, contribue par son arrogance, sa morgue, son entêtement et son inintellenge politique à réveiller la conscience nationale dans un sursaut d’orgueil pour refonder l’Etat / Nation d’Haïti sur de nouvelles valeurs civilisatrices : l’honnêteté et l’intégrité des citoyens dans la gestion de la chose publique, la solidarité fraternelle républicaine, la souveraineté nationale qui confère le droit aux peuples de se gouverner sans l’immixtion étrangère, toutes les nations étant égales d’ailleurs, dans leurs affaires internes. L’opposition politique au parlement est alors renforcée par des associations çà et là éparpillées notamment les Petro-Challengers de la capitale.

De Juillet 2018 à aujourd’hui M. Jovenel Moïse résiste aux assauts répétés de la population  jointe à l’opposition politique grâce à l’appui d’une Communauté Internationale qui ne rate aucune occasion pour trainer  dans une boue immonde l’Etat d’Haiti qui osait remettre en question l’ordre mondial en vigueur à la fin du 18e siècle. Incapable d’oeuvrer au bien-être materiel et au bonheur de son peuple, malgré la forte majorité disposée dans les deux branches du Parlement, il s’accroche pourtant tant au pouvoir qu’une alliance de coeur ou de raison avec le diable ne le répugne, oubliant qu’un mandat populaire s’accompagne d’un contenu irrémédiable et peut-être révoqué à tout moment par le peuple dont la voix est quasi celle de Dieu.

Somme toute, l’échec de M. Jovenel Moïse s’assimilera à celui de toute une classe d’hommes assoiffée de pouvoir politique pour consolider leurs avoirs leurs richesses et leurs fortunes acquises au détriment de l’Etat et de sa population. Il va sans dire qu’il facilitera la réédition, avec l’affaire des fonds Petro-Caribe, d’un nouveau Procès de Consolidation et qu’il sera le prodrome annonciateur de la fin de l’ère de l’Etat prédateur d’Haïti pour l’émergence d’un régime démocratique et capitaliste humain qui  fera de la terre léguée par les pères fondateurs du pays “une grande nation, comme le préconisait le Roi Henri 1er, qui n’aura rien à envier même aux nations les plus civilisées de la planète.”

                                                                                                                                      Me Fresnel Jean, T.S. & Av.

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