Des problèmes qui interpellent la commission épiscopale de justice et de paix du diocèse de Port-de-Paix

03-08-2019
Lors d’une conférence de presse, le week-end écoulé, la Commission épiscopale de justice et de paix du diocèse de Port-de-Paix, s’est finalement réveillé de son silence, après tant de mouvements de protestation réalisés à travers le pays au cours du mois de février dernier. D’une part, cet organis de l’église catholique a exprimé ses consternation par devant les actes violences et de pertes en vie humaine enregistrée dans plusieurs régions du pays; d’autres part, elle a extériorisé ses grandes préoccupations face à un ensemble de problèmes vitaux auxquels la population du Nord’Ouest notamment fait face dans le présent moment. Des problèmes, selon les membres de la commission, qui méritent des solutions pressantes.
Au prime abord, la commission épiscopale de Justice et de Paix a souligné d’un grand trait le valvaire des propriétaires et des chauffeurs des véhicules, ceux des mototaxis en particulier, pour l’achat du carburant dans les pompes à essence, partout dans le département du Nord’Ouest. Alors qu’il ne s’agit pas vraiement d’un problème de rareté de ce produit pétrolier dans la région. Mais, la vérité c’est qu’aujourd’hui la revente des carburants par des petits marchands détaillants deviendrait de plus en plus l’une des source de revenus de la population nord’ouesienne. Dès le début des mouvements de protestations émaillées de violences pour exiger le départ prématuré du président Jovenel Moïse au pouvoir et contre la cherté de la vie, des hommes et des femmes de toutes les couches confondues cherchent à faire du beurre dans la revente des carburant.
Cette situation crée, selon le président de la commission épiscopale de justice de paix du diocèse de Port-de-Paix, le Révérend Père Jonas Guë, une véritable animosité entre les chauffeurs des véhicules et les revendeurs du carburant. ” …et le plus triste dans tout ça, c’est l’exagération des prix. Pour un gallon de carburant, on doit verser en échange cinq (5) à sept cent cinquante (750) gourdes à un revendeur”, a déploré le prêtre catholique, appelant les autorités à prendre des mesures de manière à freiner ce désordre. Toutefois, constatant les conséquences néfastes de cette situation sur le transport et en prévenant toute éventuelle incendie des maisons que la vente du carburant dans les rues et à domicile pourrait causer, le Parquet de Port-de-Paix de concert avec la mairie et la direction départementale de la PNH se réagissent. A partir d’une décision prise et entrée en application dés le débit de cette semaine, seules les personnes ayant muni d’une autorisation dûment signer par ces institutions-là sont habilitées à acheter du carburant à la pompe sans véhicule.
Par ailleurs, le fonctionnement de la justice dans la juridiction du Nord’Ouest suscite l’indignation de la commission épiscopale de Justice et de Paix du diocèse de Port-de-Paix. Il est vraiment que le Conseil Supérieur du Pouvoir judiciaire et le ministère de la justice et de la sécurité publique viennent à peine de nommer un doyen à la tête du Tribunal de première instance de Port-de-Paix (Me Ives Mary Periclès), mais le nombre des juges d’instruction et de siège reste insuffisant. Selon la commission, le TPI de Port-de-Paix compte actuellement dans son répertoire, deux (2) juges d’instruction et un (1) juge de siège. “Ce qui fait retarder les dossiers des détenus qui devaient normalement se présenter par devant leur juge naturel”, a déclaré le prêtre Jonas Guë.
L’absence des juges au TPI de Port-de-Paix contribue énormément à l’augmentation du taux de détention préventive prolongée à prison civile de Port-de-Paix, selon le président de la commission. ” Le parquet travaille pour le tribunal, mais malheureusement, il n’y a pas de juge pour entendre les détenus. Or, ils se croupissent dans les cellules dans des conditions inhumaines”, a déploré le révérend père Jonas Gué appelant le Conseil du pouvoir judiciaire et le ministère de la justice et de la sécurité publique dans leur attribution de nommer des juges de siège et d’instruction au Tribunal de première instance de Port-de-Paix pour le bon fonctionnement du système dans le Nord’Ouest et pour faire respecter le droit de comparution des détenus devant le tribunal, selon les limites fixées par la loi.
Marc Edy Ossam, Ecrivain de Triboland






