Appel à la démission collective

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TRiboLAND

Le moment que traverse notre pays est grave et commande de comprendre ce qui est en jeu. La crise actuelle est : politique, sociale et économique.

Les trois pouvoirs par quoi se résume la souveraineté nationale sont en crise. L’Exécutif reste sourd aux multiples revendications en faveur du procès PetroCaribe, de la lutte contre la corruption, contre le clientélisme et la cherté de la vie. Pire, il est englué plus que jamais dans des scandales de prévarication, de népotisme, de conflits d’intérêts, qui appellent un éclaircissement avec les suites pénales qui s’imposent. Le Législatif s’est mis en marge des aspirations légitimes de la société et se retrouve décrié par la présence à la Chambre Basse comme au Sénat de mandataires véreux qui se sont compromis dans des louches histoires de pots-de-vin et de trafics d’influence qui ne font pas honneur à leurs circonscriptions respectives. Le Judiciaire est de son côté fort avancé dans sa décomposition, avec des juges à la compétence douteuse, des sentences données selon des principes qui nient les plus élémentaires des droits humains, et des mécanismes qui alimentent l’impunité et engendrent les règlements de compte.

Sur le plan social, le pays est traversé par une vague de violence qui mine ses assises et fait régner la loi des brigands. Dans les faubourgs de la capitale et des principales villes de province, des bandes armées font régner la terreur dans une impunité qui laisse les civils sans défense et sans boussole. Dans ces conditions, la mission de la Police qui est de Protéger et Servir est loin d’être remplie. Livrée à elle-même, la population, dans ses différentes couches, est acculée à des choix douloureux. Les écoles, les universités, le secteur bancaire, le commerce (gros et petit) sont fermés.

Malheureusement, d’autres institutions qui devaient jouer le rôle de vigiles, au nom de la République, telles la CSCCA, l’OPC, l’ULCC, l’UCREF, les parquets, font, elles aussi, défection, là où pourtant elles devaient être très actives.

À la crise des institutions et la violence diffuse qui gangrènent la paix sociale, s’ajoute une crise économique sans précédent. La monnaie nationale est en chute libre par rapport au dollar, les usines ferment les unes après les autres, les conditions pour attirer les investissements directs de l’étranger ne sont pas réunies, l’inflation est galopante autant que la détresse de la majorité de la population. L’espoir d’un lendemain meilleur aux jeunes générations est compromis. Le pays fait peur et nous sommes de nouveau la risée de la presse internationale qui se complaît avec l’image du pays maudit, incapable de relever les défis grandioses de son indépendance glorieuse.

Tout en reconnaissant, en portant le regard d’un côté sur les principes républicains inscrits sur notre bannière, et de l’autre sur l’état de la société, que nous avons échoué à donner à notre pays des institutions stables et sûres qui garantissent le respect de la volonté du plus grand nombre dans un souci d’équité et de partage, nous universitaires, relevons l’incapacité des trois pouvoirs à apporter des réponses aux revendications de bienêtre et de justice exprimées sous des formes diverses par la population depuis plusieurs mois, constatons le déficit de crédibilité dont jouissent le Président, le Parlement, le système judiciaire auprès des diverses composantes de la société, prenons acte de la situation d’ingouvernabilité dans laquelle s’enfonce le pays chaque jour davantage, en raison de l’arrogance, du laxisme, de l’incompétence, de l’irresponsabilité et de la gloutonnerie des uns et des autres de ces trois pouvoirs, et invitons les responsables des trois pouvoirs à un dépassement de soi.

Pour stopper le chaos dans lequel le pays s’engouffre, pour redonner espoir aux familles, aux jeunes, aux entrepreneurs, aux travailleurs, nous appelons le Président de la République, les Présidents des deux Chambres, le Président de la Cour de Cassation et président du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire à reconnaître leur échec collectif et à démissionner, en vue de permettre la mise en place d’une solution concertée.

Nous travaillons déjà à ce que l’Université joue pleinement sa partition en vue de faciliter la dite concertation.

Les signataires :

1. Ronald Jean-Jacques 2. Jean-Marie Raymond Noël 3. Jhon Picard Byron

4. Jean-Marie Théodat 5. Jean Alix René 6. Jean Waddimir Gustinvil

7. Fils-Lien Ely Thélot 8. Nelson Bellamy 9. Marie Carmel Paul Austin

10. Odonel Pierre-Louis 11. Odile Reiher 12. Junot Félix

13. Luc Smarth 14. Laennec Hurbon 15. Wilson Jabouin

16. Lukinson Jean 17. Roberte Momplaisir 18. Berthony Pierre-Louis

19. Lenz Jean-François 20. Jacques Gourgue

21. Claude Calixte 22. Marjory Clermont Mathieu 23. Dieuseul Prédélus

24. Eliphaite Tingué 25. Ginette Chérubin 26. Mario Laroche

27. Tayana Etienne 28. James Saint-Cyr 29. Jean Léon Ambroise

30. Allen Sabinus Henry 31. Karine Jadotte Bouchereau

32. Guichard Beaulieu

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